L’Afrique du Sud (Situation, fiche pays, carte)
26 septembre
On est en Afrique du Sud depuis le 20 septembre pour 1 mois et demi. Malgré la grève à la gare de Pau mardi soir, on a quand même pu s’envoler mercredi de Paris, via Dubai, pour arriver à Johannesburg jeudi matin à 10h. C’est sûr on est en Afrique, on est tout pâle… Pas lassés des transports, on a enchaîné avec 19h de bus pour Le Cap (Cape Town) tout au sud. Ouf on est arrivé, c’est vendredi, enfin une douche et un vrai lit, ça faisait un peu long depuis mardi soir! On a quand même fait un petit détour dans un bar pour voir le match France-Irlande. Manque de chance, c’était un pub irlandais, un peu trop de vert autour de nous mais heureusement dans la défaite ils ne sont pas trop bruyants… nous non plus, pas de quoi s’enflammer.
Encore émerveillés par les baleines à bosses en Equateur, on saute sur l’occase de les revoir ici. On loue une "voiture" pour passer le week-end au Festival des baleines à Hermanus un peu plus à l’est. Le temps est un peu capricieux mais elles sont nombreuses au rendez-vous dans la baie et on profite du spectacle et des animations dans la ville (chanteurs, musiciens, artisanat). On les observe depuis les falaises, on les voit de plus loin qu’à Puerto Lopez mais plus actives car la saison de reproduction est plus avancée. Ca y est, on les voit sauter, c’est énorme, on est trop content d’être là. On a même droit à une bande de dauphins de passage. Chouette week-end ! Vu les averses, on n’a pas eu le courage de planter la tente et on a préféré dormir dans la voiture.
On longe la cote jusqu’à la péninsule du Cap, les paysages sont magnifiques et à plusieurs reprises on s’arrête pour regarder les baleines qui, en fait, sont partout. Magique !
Un arrêt à Simon’s Town pour la nuit. On cherche la plage des Boulders où vit une colonie de 3000 pingouins, mais ce sont eux qui nous trouvent en pleine rue et on n’a plus qu’à les suivre. Ils sont trop mignons et Rachel est aux anges.
On passe une journée au Parc National du Cap de Bonne Espérance. Absolument magnifique, de grandes falaises, des fleurs partout, grand ciel bleu et que dire des animaux : élans du Cap, autruches, babouins, baleines (encore) et c’est même pas un zoo.
Après une crevaison et une roue de secours à plat dans le coffre, on arrive quand même à ramener notre char à Cape Town, ville sympathique malgré toute les recommandations qu’on nous fait au quotidien. Les gens sont accueillants et discutent très facilement.
Suite à des annulations, on arrive à trouver deux places dans le ferry pour Robben Island, île prison où a été enfermé pendant 19 ans Nelson Mandela. Aujourd’hui, on est allé visiter un musée et des bidonvilles (à Cape Town, sur 3 millions d’habitants, 2 vivent dans ces townships). Bizarre de visiter des lieux comme ceux-là mais essentiel pour connaître l’histoire de ce pays et comprendre les conditions de vie et les violences contre les non-blancs pendant l’Apartheid (aboli seulement en 1990!). Les gens qui nous guident pour ces visites sont toujours des noirs qui ont vécu tout ça mais qui aujourd’hui veulent pardonner, passer à autre chose et vivre tous ensemble. Impressionnant de sentir autant de recul dans leurs récits. Ils veulent faire partager leur histoire pour que les gens comprennent et surtout qu’ils n’oublient pas, mais sans manifester de rancoeur. De nombreuses actions se mettent en place dans les townships pour donner une activité aux personnes et faire vivre ces quartiers, les faire découvrir autrement, pas seulement pour sa violence et sa pauvreté. Dérangeant et difficile d’être à l’aise dans ces endroits mais très intéressant, malheureusement notre compréhension de l’anglais est limitée.
En 5 jours ici, on est déjà loin de la France.
Demain dès 6h on part en bus pour George, à l’est sur la côte.
03 octobre
Dès notre arrivée à George, on loue une voiture et on file sur la voie de gauche vers le nord à Oudtshoorn.
On est au coeur du Karoo, vaste plateau semi-aride qui couvre 1/3 du pays. Les paysages à perte de vue et les canyons rappellent étrangement le centre rouge de l’Australie, c’est super beau. D’ailleurs, les Sud Africains blancs qui gèrent les auberges nous font aussi penser aux Australiens par leur look, leur accueil amical et leur comportement. Ce coin nous a beaucoup plu et le beau temps était de la partie, idéal pour enfin camper.
Bien sûr on visite une des nombreuses fermes d’autruches et Franck en profite pour chevaucher la bête, pas très stable. Elles sont élevées pour leur cuir, leurs plumes, mais surtout pour leur viande et leurs énormes oeufs. Le pavé d’autruche au barbecue est un vrai délice, par contre l’omelette est fade, ça vaut pas les oeufs de mamie! On a goûté aussi le springbok (viande dure), le koudou (tendre mais fort en goût) et le crocodile (très caoutchouteux).
De retour sur la côte, la météo est moins clémente et le joli train à vapeur qu’on devait prendre est tombé en panne il y a quelques mois. Tant pis, on prend un bus à 2 h du mat pour rejoindre Port Elizabeth, plus à l’est. Le temps est maussade, ça tombe bien, c’est dimanche-rugby dans un bar resto indien qui sert des bons petits plats !
A 70 km de là, on part visiter notre première réserve animalière, l’Addo Elephant Park après une nuit de déluge sous la tente. C’est le grand spectacle! On se balade dans notre voiture (interdiction d’en descendre, à 40km/h maxi) sur des pistes les yeux grand ouverts. Et les rencontres tant attendues sont au rdv, derrière les buissons, au loin, sur les hauteurs, dans les arbres mais aussi au milieu du chemin : koudous, tortues et phacochères en grand nombre, quelques autruches, des gros cafards qui colonisent les crottes d’éléphant pour pondre, 1 énorme buffle, 5 zèbres, 1 seul éléphant le matin puis un troupeau d’une vingtaine l’après-midi, beaucoup d’oiseaux, des hérons, des suricates. C’était formidable de se promener et de surprendre tous ces animaux sauvages dans leur environnement naturel, sans cage et sans barrière. On a gardé les lions, rhinos et girafes pour la prochaine fois, ça promet!
De retour à Port Elizabeth, on dort à nouveau chez une vieille foldingue, très serviable avec nous mais encore bloquée au temps de l’esclavage de ses employés de couleur. C’est moche!
On est arrivé aujourd’hui à East London après 5 h de bus. On récupère cette aprèm une voiture pour rejoindre Cintsa au bord de l’Océan Indien.
7 octobre
On a passé 2 jours très sympa en camping, avec le beau temps, à Cintsa sur la Wild Coast (Côte Sauvage). Forêt, balade en canoë, dur dur avec le vent, balade sur la plage face à l’Océan Indien mais pas de baignade, l’eau est trop froide, et farniente! Super agréable. On est bien loin de la ville… On en a profite pour aller voir quelques villages Xhosas (tribu de Nelson Mandela), reconnaissables par leurs habitations rondes et colorées. Toujours beaucoup de bonjour et de sourire sur les bords de route, les gens sont vraiment très accueillants ici, chaleureux et toujours avec le sourire. Les échanges sont faciles. Du coup on a baladé un gamin, une jeune fille puis un type qui rentrait du boulot à pied (1h30 tous les matins et tous les soirs pour rejoindre son travail, 6 jours par semaine pour environ 13 euros par jour…). Taxi, c’est un bon moyen pour blaguer un peu!
On préfère ça à la plage alors on a décidé de quitter la côte pour rejoindre le Lesotho.
Après 7h30 de bus, on est arrivé à Bloemfontein, dans le centre de l’Afrique du Sud, grande ville pluvieuse où on a trouvé une chambre dans une ancienne station de pompage, cloisons en tôles, boucan assuré, tenue par le frère de Monsieur Ketchup Heinz qui par chance suit le rugby et est pour la France ce soir. Et l’exploit des bleus nous a réchauffé des orteils aux oreilles ! ALLEZ LES BLEUS ! Une grosse pensée pour les bidartars dans les tribunes à Cardiff…
Le Lesotho (Situation, fiche, carte)
07 octobre
Ce matin, réveil à 5h pour prendre un bus pour Maseru, capitale du Lesotho. Première gaffe à la frontière où on est allé s’enregistrer aux douanes en laissant nos bagages dans le bus puisqu’on pensait reprendre le même après mais à la sortie….le bus est reparti!!! Grâce aux conseils des gens au bord de la route on les récupère après un long sprint sur 1 km pour rattraper le bus qui, par chance, ne s’arrête pas trop loin. Bref, ça y est on passe la frontière et on découvre Maseru. Premiers contacts extras, tout le monde discute, d’abord 2 jeunes filles avec qui on marche jusqu’au centre ville, ensuite on mange avec des jeunes anglicanes qui organisent un repas devant l’église pour récolter un peu d’argent, un voisin nous invite à voir le match de l’Afrique du Sud chez lui, ensuite on rencontre un joueur de l’équipe nationale de foot qui bosse avec AIDS, le sida étant un véritable fléau ici, comme la famine d’ailleurs due à la sécheresse principalement. On se sent super bien ici. A suivre…
12 octobre
Notre première impression était la bonne et s’est confirmée tout au long de notre semaine au Lesotho. On n’avait pas retrouvé un accueil aussi naturel et chaleureux depuis le Laos, des sourires de partout, toujours un petit mot ou un geste de la main, des gens toujours prêts à nous rendre service et à nous conseiller sans rien attendre en retour. La simplicité avant tout, quel plaisir !
On est à l’arrêt de bus de Maseru depuis 5h30 et on patiente, le bus ne partira que quand il sera plein (4 sur les banquettes de 3 et l’allée qui déborde !), c’est la règle ici. Heureusement, de nombreuses vendeuses avec leur bassine de provisions sur la tête nous aident à patienter pendant 3h30 avec leur délicieux pain maison et des saucisses rouges chaudes, les "russians". Après 120km en 4h30 dans le bus surchargé et vieux, une route de montagne pourrie, bref tout ce qu’on recherchait en venant ici, on arrive à Semonkong, un petit bourg perdu des montagnes Thaba Putsoa. Un petit parfum d’aventure nous envahit. Depuis le réveil on se sent vraiment en Afrique, on n’a pas vu un seul blanc et on sent bien qu’on attire la curiosité dans ce bus, les touristes préférant venir en tour organisé en 4X4. Ceux qui parlent un peu anglais viennent discuter et nous souhaitent la bienvenue. On débarque au "centre ville", sous la bruine, les routes en terre, des cahutes en tôles, des chevaux partout, quelques pick-up et des gens emmitouflés dans leur couverture. Et oui, en Afrique, il fait froid ! En plus de protéger du chaud et du froid, la couverture a ici une importance sociale, hommes, femmes et enfants en ont une, portée différemment et ayant une signification (femme mariée mais sans enfants, garçons circoncis…). Dès la descente du bus, un jeune nous accompagne au Lodge, seul hébergement possible après 25 minutes de marche. On a un dortoir dans un rondavel en pierre et au toit de chaume inspiré des huttes locales, sans chauffage mais avec l’eau chaude et l’électricité de 8h à 22h. On ne s’attendait pas à tant de luxe. On sait qu’on est privilégié. Ici les gens vivent avec le strict minimum dans leur hutte sans eau courante et sans électricité dès qu’on s’éloigne du centre. Surprise, le Lodge est tenu par des Blancs, les seuls de la région, comme la plupart des hébergements en Afrique du Sud. On se dit au premier abord qu’une fois de plus ce n’est pas la population locale qui bénéficie du tourisme mais d’un autre côté, le Lodge emploie 30 personnes du village et vend de l’artisanat au profit d’un orphelinat du coin. Difficile de se faire un avis…
Quel calme, pas de bruit de moteur, les gens se déplacent à cheval, à dos d’âne ou à pied, la route s’arrête ici. Du coup, dès qu’on se balade aux alentours, on croise beaucoup de monde. Les gens s’arrêtent et prennent le temps de discuter, de nous indiquer notre route, souvent nous accompagnent, et parfois osent nous demander de les photographier et de leur envoyer le cliché. Des types nous proposent de partager une "cigarette" (herbe locale dans une feuille de papier journal!), un maçon nous explique son travail, un chanteur veut faire un duo avec Franck à la guitare, un ado nous montre ses devoirs. Alors qu’on se promène vers les chutes Maletsunyane, une gamine de 12 ans sort de chez elle, nous rejoint en courant et passe devant sans rien dire mais avec un grand sourire. Elle nous aide à trouver le chemin, elle parle un peu anglais et nous apprend quelques mots en sesotho. Elle est toute gentille et un peu timide. Ceci lui permet bien sûr de ramener quelques pièces chez elle mais on sent qu’elle prend du plaisir à nous raconter son quotidien et à nous apprendre des choses. Apparemment aujourd’hui elle n’a pas école car c’est le jour de la lessive… On découvre les chutes impressionnantes, hautes de 204m. Très beau spectacle !
De retour à Maseru après un trajet aussi typique qu’à l’aller au milieu de superbes paysages et de villages d’un autre temps, on passe une chouette soirée avec Edward, le footeux rencontré dimanche. Un nouveau réveil à 4h45 pour avoir une place assise dans le bus pour Mokhotlong, à 8h de route d’ici par plusieurs cols à plus de 3200m. On est beaucoup moins emballés par cette ville, en plus la pluie est là. Dès le lendemain, on prend le chemin de la frontière. On est donc à 6h au parking des taxis minibus, heure de départ annoncée, bien sûr on ne partira qu’à 9h15 ! On apprend à être patient et ça nous permet de voir le village se réveiller. On traverse quelques derniers villages sesothos pour grimper jusqu’au Sani Pass (col frontière) à 2873m dans notre combi 4×4, bien sûr trop rempli. La dame à côté de nous allaite son petit qui a l’air habitué à la musique locale et aux secousses dues aux innombrables nids de poules. La montée côté Lesotho est plutôt tranquille. La descente en lacets, elle, est bien plus spectaculaire (-1300m en 8km à peine). La route est défoncée et on comprend de suite pourquoi elle n’est accessible qu’aux 4×4. Notre combi touche un peu de temps en temps mais le chauffeur assure en roulant au pas et les freins tiennent bon. La vue sur la vallée complète le tableau. Malheureusement, à la frontière sud-africaine, les douaniers ont égaré nos passeports. Ils pensent les avoir donnés à un des nombreux 4×4 de touristes qui montent le col dans l’autre sens, peut-être surpris de voir 2 Blancs dans un taxi minibus. Rien de grave, ils sont vite retrouvés et nous revoilà en Afrique du Sud.
Retour en Afrique du Sud
15 octobre
Quelques kilomètres seulement après le Sani Pass et la frontière, on atteint Underberg. La transition est violente, on change de monde : végétation verdoyante, circulation automobile dense, grandes propriétés clôturées, ça fait bizarre.
On passe le week-end dans une ferme (150 chevaux) à quelques kilomètres de là, en pleine campagne. Pas vraiment dépaysant, on se croirait dans le Béarn, mais un vrai havre de paix. 6 autres français qui travaillent à Johannesburg se retrouvent ici avec 3 amies sud-africaines. On est content de mettre un peu de côté l’anglais ! Au programme : barbecue ("braai") et belote avant de poursuivre dans un pub pour supporter les Français en demi-finale, tous très motivés. Dommage les Rosbifs nous ont envoyés au lit plus tôt que prévu. On se console, les Springboks sont en finale et on est au bon endroit pour la regarder.
Dimanche à 8h, la ville est déserte et on attend pendant 4h30 que le minibus se remplisse… Bref, on arrive à bon port à 16h. On installe notre tente à Durban, sur la côte, dans une famille super sympa avec leur petit Asher ("joyeux" en hébreux). On retrouve les villas barricadées de hauts murs et de barbelés, parfois électrifiées, leurs gardiens armés, les grilles devant les magasins, les recommandations pour qu’on soit prudent (obligation de prendre un taxi dès qu’il fait nuit). On ne ressent pas du tout cette insécurité mais les chiffres de la criminalité dans les grandes villes sud-africaines sont là. A quelques exceptions près, on se rend bien compte que les conséquences de l’Apartheid sont toujours la. Les Blancs et les Noirs vivent au même endroit mais dans 2 bulles bien distinctes, au quotidien différent (moyens de transport, commerces, restos, emplois, quartiers, types de logement,…). Ça nous saute aux yeux tous les jours, on a du mal à comprendre mais on n’a pas leur vécu…
On en a assez d’être obligé de passer par ces grandes villes pour trouver des bus et de passer à côté de petits villages plus dépaysants, sans pouvoir s’y arrêter. Vu les temps d’attente, on ne se sent pas non plus de continuer en minibus, pourtant si conviviaux.
On décide donc de louer une voiture pour la fin de notre séjour, à nous la liberté!
20 octobre
On a traversé la province du Kwazulu-Natal au volant de notre voiture, via Eshowe. Petites villes et villages, paysages agréables mais semblables à nos campagnes (verdure, collines), le tout bien desservi par de bonnes routes mais encombrées de tout ce qui peut se déplacer : troupeaux de chèvres, piétons, brouettes, vaches, groupes d’enfants, étalages de fruits ou d’artisanat… Ici la route n’est pas seulement un moyen de circulation mais avant tout un lieu de vie (on discute assis sur les glissières de sécurité ou on danse sur les bandes d’arrêt d’urgence !). Plutôt sympa, on s’ennuie pas, mais prudence de rigueur surtout la nuit tombée.
Les 2 jours aux parcs d’Hluhluwe-Imfolozi et Santa Lucia ont été magiques, au-delà de nos attentes. On a circulé pendant des heures, dès l’aube, sur des routes montagneuses bordées d’acacias, à scruter la savane onduleuse. Au bout de 5 minutes, on avait déjà sous nos yeux rhinocéros, girafes, zèbres et hyènes. Ça réveille ! Et ce n’est que le début, les animaux sauvages sont partout, des surprises a chaque virages : gnous, phacochères, buffles, antilopes, 1 éléphant, babouins, singes, oiseaux, hippopotames, crocodiles… Pas encore de fauves, patience, ça viendra. Comme aux Galápagos, on apprécie de ressentir qu’on ne gène pas les animaux dans leur petite vie et qu’ils ne sont pas effrayés de notre présence. On a tout le temps de les observer se déplacer, manger, jouer, dormir, y’a qu’a ouvrir bien grands les yeux et faire beaucoup trop de photos ! Difficile d’en dire plus, c’était indescriptible, on espère que les photos parlent d’elles même…
Hier, on a rejoint Nelspruit en traversant les innombrables forêts plantées de la région de Mpumalanga pour assister à la déroute des Bleus… sans commentaire, les larmes nous viennent. On compte bien se lâcher ce soir. Enfin quelques drapeaux et maillots sud’af. On n’a pas encore senti une vraie ferveur populaire. Seuls quelques pubs et la télé manifestent leur soutien à l’équipe nationale (pas de décorations dans les rues, les magasins ou les maisons). Ici, le rugby est avant tout un sport de Blancs (12% de la population seulement). L’ambiance est bizarre, quelques polémiques dans les médias sur la composition de l’équipe qui ne compte que 2 Noirs (alors qu’ils représentent 80% de la population). Peu de changements par rapport à la première équipe d’après-Appartheid des Springboks victorieuse en 1995 qui avait rassemblé les foules et fait espérer des changements. En tout cas, ce soir, on sera contre les Anglais… et on espère bien faire la fête.
Dès demain, on part passer 4 jours dans le Parc National du Kruger en camping. On trépigne déjà d’envie !
26 Octobre
Trop fort ces Springboks ! Grâce è eux on a passé une super soirée. Alors qu’il nous fait le plein, le pompiste nous annonce qu’un grand écran a été installé à Nelspruit pour visionner la finale, il nous promet une bonne ambiance et est content car "les Noirs et les Blancs vont se mélanger pour faire la fête…". Chouette, on préfère ça à une soirée dans un pub. On est sur place dès 19h, un concert d’un chanteur très célèbre ici, Mendoza, fait bouger la foule, il fait beau, ça promet ! On est environ 15 blancs dans un stade de 2000 personnes à la louche, le mélange c’est pas pour ce soir… On attire les regards, un type vient offrir sa chaise à Rachel, une fille vient nous dire "ce soir, c’est la fête, on est amis", un autre, Selby, nous propose de le rejoindre avec ses amis pour "faire une table de Blancs et de Noirs…". On accepte avec plaisir, on passe la soirée avec eux, très sympas ! Les gens ont l’air super contents de voir des Blancs ici et les sourires sont nombreux. Le match se déroule dans une très bonne ambiance, ils nous avouent ne pas trop s’intéresser au rugby et ne pas vraiment connaître les règles de ce sport mais être plutôt venus pour supporter leur pays. Les moindres coups de sifflets entraînent cris, danses et applaudissements et à la 80ème minute c’est la fête, tout le monde saute partout, ils sont super fiers de leurs joueurs et un groupe zoulou assure le spectacle. Ouahhh !
Nos nouveaux amis nous invitent à partager un barbecue avec eux dans la pelouse (poulet, steak, agneau, porridge de mais et haricots…). On se régale (et on est bien content car il n’y a que des chips à vendre ici…). Dès minuit, le stade se vide, les gens n’ont pas l’habitude de veiller ici et on rentre enchantés d’être venus ici et d’avoir vécu cette finale depuis l’Afrique du Sud. Sur le chemin du retour, on croise toutes les voitures remplies de Blancs qui reviennent des pubs et vont chez eux, les Noirs dans un sens, les Blancs dans l’autre. C’est très étrange tellement ça saute aux yeux. Le mélange Noirs-Blancs n’était pas pour ce soir, en tout cas pas à Nelspruit…
28 octobre
Les 4 jours et les 4 nuits de camping au Kruger nous ont offert un véritable spectacle au milieu de la savane, sous le soleil : bagarre d’éléphants, ruades et cris de zèbres, disputes entre babouins et impalas, sieste de lion, repas de crocodiles, bain d’hippopotames, course de girafes, bronzette de léopard,… Extraordinaire, pas le temps de s’ennuyer malgré les 655km parcourus à un rythme d’escargot (20 km/h en moyenne). On serait bien resté un peu plus avec tout ce petit monde passionnant…
On enchaîne sur le Blyde River Canyon, le troisième plus grand du monde, superbe au début puis… plus rien, le brouillard est tellement épais qu’on n’y voit plus à 20m, c’est même plus la peine de s’arrêter aux points de vue aménagés au bord de la route. Dommage !
On a rejoint vendredi Johannesburg avec la pluie et les galères qui s’enchaînent : on découvre à 21h que nos billets d’avion pour partir demain aux chutes Victoria au Zimbabwe (achetés il y a 10 jours, pour une fois qu’on programme quelque chose …), vont en fait à Harare à 850 km de là et qu’il n’y a pas de moyen de transport sûrs pour les rejoindre vu la pénurie d’essence et l’insécurité dans le pays. On fait des pieds et des mains tard le soir et dès le samedi matin, de bureaux en bureaux, et enfin, on obtient l’annulation et le remboursement de nos vols (enfin, c’est ce qu’on a compris, on verra bien). On veut donc acheter un nouveau billet mais c’est complet jusqu’à lundi. On est sur liste d’attente pour dimanche, on croise les doigts ! En attendant, on veut retirer de l’argent pour le changer en dollars car les banques au Zimbabwe pratiquent des taux exorbitants (pour 1 dollar, la banque donne 30 000 zimbdollars alors qu’au marché noir c’est 800 000 !) et il est fortement déconseillé d’utiliser sa carte bleue là-bas. Il nous faut donc absolument des dollars mais nos 2 cartes bleues ne veulent rien savoir malgré nos innombrables essais. Ras-le-bol ! On se prend 2 lits dans un dortoir et là, on se fait piquer 100 dollars, ça commence à faire beaucoup en 1 jour, on bout…
Dimanche, le soleil est de retour, la banque accepte de nous faire une avance sur carte et miracle, il y a de la place dans l’avion (52 places et il date d’un autre siècle mais c’est pas grave).
Bref, ça y est, on est au Zimbabwe !!! Ouf !
Le Zimbabwe (situation, fiche pays, carte)
1 novembre
Et ça aurait été dommage de louper ça ! Les chutes Victoria sont magiques, c’est trop beau et impressionnant. On a passé 3 jours extra avec plus de 30 °C et une petite croisière sur le Zambèze pour l’anniv de Franck. On aura bien fêté nos 29 ans, inoubliables !
La situation dans le pays est par contre dramatique, il n’y a plus d’essence, de denrées (pain, farine,…), de vêtements. Les étals des magasins sont quasiment vides mais le gouvernement ne veut pas qu’ils ferment. Il n’y a presque rien à acheter (à part l’artisanat pour touristes), le magasin Bata propose même de racheter les vieilles chaussures pour pouvoir vendre quelque chose ! Partout, les jeunes veulent nous troquer nos affaires contre des souvenirs. On le fait parfois et avant de partir on vide à moitié nos sacs pour donner dans la rue. C’est vraiment triste et irréel. On a du mal à trouver à manger dans le supermarché ou dans les rares petits restos qui servent ce qu’ils peuvent. On mange là où on dort mais c’est pareil, régime de pâtes, oeufs, oignons et porridge. Le cuistot n’a pas d’ingrédients pour varier. Seulement 3 jours et c’est déjà rengaine mais nous, on s’est envolé mercredi alors qu’eux restent là sans trop d’espoir dans l’avenir…
De retour hier à Johannesburg, on termine en beauté notre séjour ici par la comédie musicale du Roi Lion, in English bien sûr, une belle réussite, on a adoré, dans le complexe du Montecasino, reconstitution dans un hangar d’un village toscan avec restos, bars, ciné, casino, salle de jeux, …
Ce soir, on prend l’avion du retour vers Paris via Dubai. Ça y est, c’est fini pour de bon, il faut rentrer. On retrouvera avec joie notre petit monde et notre belle région samedi.
A très vite et merci de nous avoir suivi et écrit pendant cette année, exceptionnelle et inoubliable pour nous. Vos messages nous ont vraiment fait plaisir et nous ont encouragé à poursuivre le blog pour partager avec vous notre belle aventure…