Le Sud de l’Afrique

 

 

L’Afrique du Sud (Situation, fiche pays, carte)

 

 

26 septembre

 
Eh oui nous voila repartis après un été bien rempli et le blog reprend du service. Notre tour du monde était tellement bien, on a apprécié de vivre au jour le jour, ce sentiment de totale liberté, de profiter du temps qui passe, le bonheur ! Du coup on remet ça.

On est en Afrique du Sud depuis le 20 septembre pour 1 mois et demi. Malgré la grève à la gare de Pau mardi soir, on a quand même pu s’envoler mercredi de Paris, via Dubai, pour arriver à Johannesburg jeudi matin à 10h. C’est sûr on est en Afrique, on est tout pâle… Pas lassés des transports, on a enchaîné avec 19h de bus pour Le Cap (Cape Town) tout au sud. Ouf on est arrivé, c’est vendredi, enfin une douche et un vrai lit, ça faisait un peu long depuis mardi soir! On a quand même fait un petit détour dans un bar pour voir le match France-Irlande. Manque de chance, c’était un pub irlandais, un peu trop de vert autour de nous mais heureusement dans la défaite ils ne sont pas trop bruyants… nous non plus, pas de quoi s’enflammer.

 

Encore émerveillés par les baleines à bosses en Equateur, on saute sur l’occase de les revoir ici. On loue une "voiture" pour passer le week-end au Festival des baleines à Hermanus un peu plus à l’est. Le temps est un peu capricieux mais elles sont nombreuses au rendez-vous dans la baie et on profite du spectacle et des animations dans la ville (chanteurs, musiciens, artisanat). On les observe depuis les falaises, on les voit de plus loin qu’à Puerto Lopez mais plus actives car la saison de reproduction est plus avancée. Ca y est, on les voit sauter, c’est énorme, on est trop content d’être là. On a même droit à une bande de dauphins de passage. Chouette week-end ! Vu les averses, on n’a pas eu le courage de planter la tente et on a préféré dormir dans la voiture.

On longe la cote jusqu’à la péninsule du Cap, les paysages sont magnifiques et à plusieurs reprises on s’arrête pour regarder les baleines qui, en fait, sont partout. Magique !

Un arrêt à Simon’s Town pour la nuit. On cherche la plage des Boulders où vit une colonie de 3000 pingouins, mais ce sont eux qui nous trouvent en pleine rue et on n’a plus qu’à les suivre. Ils sont trop mignons et Rachel est aux anges.

On passe une journée au Parc National du Cap de Bonne Espérance. Absolument magnifique, de grandes falaises, des fleurs partout, grand ciel bleu et que dire des animaux : élans du Cap, autruches, babouins, baleines (encore) et c’est même pas un zoo.

Après une crevaison et une roue de secours à plat dans le coffre, on arrive quand même à ramener notre char à Cape Town, ville sympathique malgré toute les recommandations qu’on nous fait au quotidien. Les gens sont accueillants et discutent très facilement.

Suite à des annulations, on arrive à trouver deux places dans le ferry pour Robben Island, île prison où a été enfermé pendant 19 ans Nelson Mandela. Aujourd’hui, on est allé visiter un musée et des bidonvilles (à Cape Town, sur 3 millions d’habitants, 2 vivent dans ces townships). Bizarre de visiter des lieux comme ceux-là mais essentiel pour connaître l’histoire de ce pays et comprendre les conditions de vie et les violences contre les non-blancs pendant l’Apartheid (aboli seulement en 1990!). Les gens qui nous guident pour ces visites sont toujours des noirs qui ont vécu tout ça mais qui aujourd’hui veulent pardonner, passer à autre chose et vivre tous ensemble. Impressionnant de sentir autant de recul dans leurs récits. Ils veulent faire partager leur histoire pour que les gens comprennent et surtout qu’ils n’oublient pas, mais sans manifester de rancoeur. De nombreuses actions se mettent en place dans les townships pour donner une activité aux personnes et faire vivre ces quartiers, les faire découvrir autrement, pas seulement pour sa violence et sa pauvreté. Dérangeant et difficile d’être à l’aise dans ces endroits mais très intéressant, malheureusement notre compréhension de l’anglais est limitée.

 

En 5 jours ici, on est déjà loin de la France.

 

Demain dès 6h on part en bus pour George, à l’est sur la côte.

 

 

03 octobre

 

Dès notre arrivée à George, on loue une voiture et on file sur la voie de gauche vers le nord à Oudtshoorn.

On est au coeur du Karoo, vaste plateau semi-aride qui couvre 1/3 du pays. Les paysages à perte de vue et les canyons rappellent étrangement le centre rouge de l’Australie, c’est super beau. D’ailleurs, les Sud Africains blancs qui gèrent les auberges nous font aussi penser aux Australiens par leur look, leur accueil amical et leur comportement. Ce coin nous a beaucoup plu et le beau temps était de la partie, idéal pour enfin camper.

Bien sûr on visite une des nombreuses fermes d’autruches et Franck en profite pour chevaucher la bête, pas très stable. Elles sont élevées pour leur cuir, leurs plumes, mais surtout pour leur viande et leurs énormes oeufs. Le pavé d’autruche au barbecue est un vrai délice, par contre l’omelette est fade, ça vaut pas les oeufs de mamie! On a goûté aussi le springbok (viande dure), le koudou (tendre mais fort en goût) et le crocodile (très caoutchouteux).

De retour sur la côte, la météo est moins clémente et le joli train à vapeur qu’on devait prendre est tombé en panne il y a quelques mois. Tant pis, on prend un bus à 2 h du mat pour rejoindre Port Elizabeth, plus à l’est. Le temps est maussade, ça tombe bien, c’est dimanche-rugby dans un bar resto indien qui sert des bons petits plats !

A 70 km de là, on part visiter notre première réserve animalière, l’Addo Elephant Park après une nuit de déluge sous la tente. C’est le grand spectacle! On se balade dans notre voiture (interdiction d’en descendre, à 40km/h maxi) sur des pistes les yeux grand ouverts. Et les rencontres tant attendues sont au rdv, derrière les buissons, au loin, sur les hauteurs, dans les arbres mais aussi au milieu du chemin : koudous, tortues et phacochères en grand nombre, quelques autruches, des gros cafards qui colonisent les crottes d’éléphant pour pondre, 1 énorme buffle, 5 zèbres, 1 seul éléphant le matin puis un troupeau d’une vingtaine l’après-midi, beaucoup d’oiseaux, des hérons, des suricates. C’était formidable de se promener et de surprendre tous ces animaux sauvages dans leur environnement naturel, sans cage et sans barrière. On a gardé les lions, rhinos et girafes pour la prochaine fois, ça promet!

De retour à Port Elizabeth, on dort à nouveau chez une vieille foldingue, très serviable avec nous mais encore bloquée au temps de l’esclavage de ses employés de couleur. C’est moche!

 

On est arrivé aujourd’hui à East London après 5 h de bus. On récupère cette aprèm une voiture pour rejoindre Cintsa au bord de l’Océan Indien.

 

7 octobre

 

On a passé 2 jours très sympa en camping, avec le beau temps, à Cintsa sur la Wild Coast (Côte Sauvage). Forêt, balade en canoë, dur dur avec le vent, balade sur la plage face à l’Océan Indien mais pas de baignade, l’eau est trop froide, et farniente! Super agréable. On est bien loin de la ville… On en a profite pour aller voir quelques villages Xhosas (tribu de Nelson Mandela), reconnaissables par leurs habitations rondes et colorées. Toujours beaucoup de bonjour et de sourire sur les bords de route, les gens sont vraiment très accueillants ici, chaleureux et toujours avec le sourire. Les échanges sont faciles. Du coup on a baladé un gamin, une jeune fille puis un type qui rentrait du boulot à pied (1h30 tous les matins et tous les soirs pour rejoindre son travail, 6 jours par semaine pour environ 13 euros par jour…). Taxi, c’est un bon moyen pour blaguer un peu!
On préfère ça à la plage alors on a décidé de quitter la côte pour rejoindre le Lesotho.
Après 7h30 de bus, on est arrivé à
Bloemfontein, dans le centre de l’Afrique du Sud, grande ville pluvieuse où on a trouvé une chambre dans une ancienne station de pompage, cloisons en tôles, boucan assuré, tenue par le frère de Monsieur Ketchup Heinz qui par chance suit le rugby et est pour la France ce soir. Et l’exploit des bleus nous a réchauffé des orteils aux oreilles ! ALLEZ LES BLEUS ! Une grosse pensée pour les bidartars dans les tribunes à Cardiff…

 

 

 

Le Lesotho (Situation, fiche, carte)

 

 

07 octobre

 

Ce matin, réveil à 5h pour prendre un bus pour Maseru, capitale du Lesotho. Première gaffe à la frontière où on est allé s’enregistrer aux douanes en laissant nos bagages dans le bus puisqu’on pensait reprendre le même après mais à la sortie….le bus est reparti!!! Grâce aux conseils des gens au bord de la route on les récupère après un long sprint sur 1 km pour rattraper le bus qui, par chance, ne s’arrête pas trop loin. Bref, ça y est on passe la frontière et on découvre Maseru. Premiers contacts extras, tout le monde discute, d’abord 2 jeunes filles avec qui on marche jusqu’au centre ville, ensuite on mange avec des jeunes anglicanes qui organisent un repas devant l’église pour récolter un peu d’argent, un voisin nous invite à voir le match de l’Afrique du Sud chez lui, ensuite on rencontre un joueur de l’équipe nationale de foot qui bosse avec AIDS, le sida étant un véritable fléau ici, comme la famine d’ailleurs due à la sécheresse principalement. On se sent super bien ici. A suivre…

12 octobre

Notre première impression était la bonne et s’est confirmée tout au long de notre semaine au Lesotho. On n’avait pas retrouvé un accueil aussi naturel et chaleureux depuis le Laos, des sourires de partout, toujours un petit mot ou un geste de la main, des gens toujours prêts à nous rendre service et à nous conseiller sans rien attendre en retour. La simplicité avant tout, quel plaisir !

On est à l’arrêt de bus de Maseru depuis 5h30 et on patiente, le bus ne partira que quand il sera plein (4 sur les banquettes de 3 et l’allée qui déborde !), c’est la règle ici. Heureusement, de nombreuses vendeuses avec leur bassine de provisions sur la tête nous aident à patienter pendant 3h30 avec leur délicieux pain maison et des saucisses rouges chaudes, les "russians". Après 120km en 4h30 dans le bus surchargé et vieux, une route de montagne pourrie, bref tout ce qu’on recherchait en venant ici, on arrive à Semonkong, un petit bourg perdu des montagnes Thaba Putsoa. Un petit parfum d’aventure nous envahit. Depuis le réveil on se sent vraiment en Afrique, on n’a pas vu un seul blanc et on sent bien qu’on attire la curiosité dans ce bus, les touristes préférant venir en tour organisé en 4X4. Ceux qui parlent un peu anglais viennent discuter et nous souhaitent la bienvenue. On débarque au "centre ville", sous la bruine, les routes en terre, des cahutes en tôles, des chevaux partout, quelques pick-up et des gens emmitouflés dans leur couverture. Et oui, en Afrique, il fait froid ! En plus de protéger du chaud et du froid, la couverture a ici une importance sociale, hommes, femmes et enfants en ont une, portée différemment et ayant une signification (femme mariée mais sans enfants, garçons circoncis…). Dès la descente du bus, un jeune nous accompagne au Lodge, seul hébergement possible après 25 minutes de marche. On a un dortoir dans un rondavel en pierre et au toit de chaume inspiré des huttes locales, sans chauffage mais avec l’eau chaude et l’électricité de 8h à 22h. On ne s’attendait pas à tant de luxe. On sait qu’on est privilégié. Ici les gens vivent avec le strict minimum dans leur hutte sans eau courante et sans électricité dès qu’on s’éloigne du centre. Surprise, le Lodge est tenu par des Blancs, les seuls de la région, comme la plupart des hébergements en Afrique du Sud. On se dit au premier abord qu’une fois de plus ce n’est pas la population locale qui bénéficie du tourisme mais d’un autre côté, le Lodge emploie 30 personnes du village et vend de l’artisanat au profit d’un orphelinat du coin. Difficile de se faire un avis…

Quel calme, pas de bruit de moteur, les gens se déplacent à cheval, à dos d’âne ou à pied, la route s’arrête ici. Du coup, dès qu’on se balade aux alentours, on croise beaucoup de monde. Les gens s’arrêtent et prennent le temps de discuter, de nous indiquer notre route, souvent nous accompagnent, et parfois osent nous demander de les photographier et de leur envoyer le cliché. Des types nous proposent de partager une "cigarette" (herbe locale dans une feuille de papier journal!), un maçon nous explique son travail, un chanteur veut faire un duo avec Franck à la guitare, un ado nous montre ses devoirs. Alors qu’on se promène vers les chutes Maletsunyane, une gamine de 12 ans sort de chez elle, nous rejoint en courant et passe devant sans rien dire mais avec un grand sourire. Elle nous aide à trouver le chemin, elle parle un peu anglais et nous apprend quelques mots en sesotho. Elle est toute gentille et un peu timide. Ceci lui permet bien sûr de ramener quelques pièces chez elle mais on sent qu’elle prend du plaisir à nous raconter son quotidien et à nous apprendre des choses. Apparemment aujourd’hui elle n’a pas école car c’est le jour de la lessive… On découvre les chutes impressionnantes, hautes de 204m. Très beau spectacle !

De retour à Maseru après un trajet aussi typique qu’à l’aller au milieu de superbes paysages et de villages d’un autre temps, on passe une chouette soirée avec Edward, le footeux rencontré dimanche. Un nouveau réveil à 4h45 pour avoir une place assise dans le bus pour Mokhotlong, à 8h de route d’ici par plusieurs cols à plus de 3200m. On est beaucoup moins emballés par cette ville, en plus la pluie est là. Dès le lendemain, on prend le chemin de la frontière. On est donc à 6h au parking des taxis minibus, heure de départ annoncée, bien sûr on ne partira qu’à 9h15 ! On apprend à être patient et ça nous permet de voir le village se réveiller. On traverse quelques derniers villages sesothos pour grimper jusqu’au Sani Pass (col frontière) à 2873m dans notre combi 4×4, bien sûr trop rempli. La dame à côté de nous allaite son petit qui a l’air habitué à la musique locale et aux secousses dues aux innombrables nids de poules. La montée côté Lesotho est plutôt tranquille. La descente en lacets, elle, est bien plus spectaculaire (-1300m en 8km à peine). La route est défoncée et on comprend de suite pourquoi elle n’est accessible qu’aux 4×4. Notre combi touche un peu de temps en temps mais le chauffeur assure en roulant au pas et les freins tiennent bon. La vue sur la vallée complète le tableau. Malheureusement, à la frontière sud-africaine, les douaniers ont égaré nos passeports. Ils pensent les avoir donnés à un des nombreux 4×4 de touristes qui montent le col dans l’autre sens, peut-être surpris de voir 2 Blancs dans un taxi minibus. Rien de grave, ils sont vite retrouvés et nous revoilà en Afrique du Sud.

 

 

 

Retour en Afrique du Sud

 

15 octobre

 

Quelques kilomètres seulement après le Sani Pass et la frontière, on atteint Underberg. La transition est violente, on change de monde : végétation verdoyante, circulation automobile dense, grandes propriétés clôturées, ça fait bizarre.

On passe le week-end dans une ferme (150 chevaux) à quelques kilomètres de là, en pleine campagne. Pas vraiment dépaysant, on se croirait dans le Béarn, mais un vrai havre de paix. 6 autres français qui travaillent à Johannesburg se retrouvent ici avec 3 amies sud-africaines. On est content de mettre un peu de côté l’anglais ! Au programme : barbecue ("braai") et belote avant de poursuivre dans un pub pour supporter les Français en demi-finale, tous très motivés. Dommage les Rosbifs nous ont envoyés au lit plus tôt que prévu. On se console, les Springboks sont en finale et on est au bon endroit pour la regarder.

Dimanche à 8h, la ville est déserte et on attend pendant 4h30 que le minibus se remplisse… Bref, on arrive à bon port à 16h. On installe notre tente à Durban, sur la côte, dans une famille super sympa avec leur petit Asher ("joyeux" en hébreux). On retrouve les villas barricadées de hauts murs et de barbelés, parfois électrifiées, leurs gardiens armés, les grilles devant les magasins, les recommandations pour qu’on soit prudent (obligation de prendre un taxi dès qu’il fait nuit). On ne ressent pas du tout cette insécurité mais les chiffres de la criminalité dans les grandes villes sud-africaines sont là. A quelques exceptions près, on se rend bien compte que les conséquences de l’Apartheid sont toujours la. Les Blancs et les Noirs vivent au même endroit mais dans 2 bulles bien distinctes, au quotidien différent (moyens de transport, commerces, restos, emplois, quartiers, types de logement,…). Ça nous saute aux yeux tous les jours, on a du mal à comprendre mais on n’a pas leur vécu…

On en a assez d’être obligé de passer par ces grandes villes pour trouver des bus et de passer à côté de petits villages plus dépaysants, sans pouvoir s’y arrêter. Vu les temps d’attente, on ne se sent pas non plus de continuer en minibus, pourtant si conviviaux. 

On décide donc de louer une voiture pour la fin de notre séjour, à nous la liberté!

 

20 octobre

 

On a traversé la province du Kwazulu-Natal au volant de notre voiture, via Eshowe. Petites villes et villages, paysages agréables mais semblables à nos campagnes (verdure, collines), le tout bien desservi par de bonnes routes mais encombrées de tout ce qui peut se déplacer : troupeaux de chèvres, piétons, brouettes, vaches, groupes d’enfants, étalages de fruits ou d’artisanat… Ici la route n’est pas seulement un moyen de circulation mais avant tout un lieu de vie (on discute assis sur les glissières de sécurité ou on danse sur les bandes d’arrêt d’urgence !). Plutôt sympa, on s’ennuie pas, mais prudence de rigueur surtout la nuit tombée.

Les 2 jours aux parcs d’Hluhluwe-Imfolozi et Santa Lucia ont été magiques, au-delà de nos attentes. On a circulé pendant des heures, dès l’aube, sur des routes montagneuses bordées d’acacias, à scruter la savane onduleuse. Au bout de 5 minutes, on avait déjà sous nos yeux rhinocéros, girafes, zèbres et hyènes. Ça réveille ! Et ce n’est que le début, les animaux sauvages sont partout, des surprises a chaque virages : gnous, phacochères, buffles, antilopes, 1 éléphant, babouins, singes, oiseaux, hippopotames, crocodiles… Pas encore de fauves, patience, ça viendra. Comme aux Galápagos, on apprécie de ressentir qu’on ne gène pas les animaux dans leur petite vie et qu’ils ne sont pas effrayés de notre présence. On a tout le temps de les observer se déplacer, manger, jouer, dormir, y’a qu’a ouvrir bien grands les yeux et faire beaucoup trop de photos ! Difficile d’en dire plus, c’était indescriptible, on espère que les photos parlent d’elles même…

Hier, on a rejoint Nelspruit en traversant les innombrables forêts plantées de la région de Mpumalanga pour assister à la déroute des Bleus… sans commentaire, les larmes nous viennent. On compte bien se lâcher ce soir. Enfin quelques drapeaux et maillots sud’af. On n’a pas encore senti une vraie ferveur populaire. Seuls quelques pubs et la télé manifestent leur soutien à l’équipe nationale (pas de décorations dans les rues, les magasins ou les maisons). Ici, le rugby est avant tout un sport de Blancs (12% de la population seulement). L’ambiance est bizarre, quelques polémiques dans les médias sur la composition de l’équipe qui ne compte que 2 Noirs (alors qu’ils représentent 80% de la population). Peu de changements par rapport à la première équipe d’après-Appartheid des Springboks victorieuse en 1995 qui avait rassemblé les foules et fait espérer des changements. En tout cas, ce soir, on sera contre les Anglais… et on espère bien faire la fête.

Dès demain, on part passer 4 jours dans le Parc National du Kruger en camping. On trépigne déjà d’envie !

 

26  Octobre

 

Trop fort ces Springboks ! Grâce è eux on a passé une super soirée. Alors qu’il nous fait le plein, le pompiste nous annonce qu’un grand écran a été installé à Nelspruit pour visionner la finale, il nous promet une bonne ambiance et est content car "les Noirs et les Blancs vont se mélanger pour faire la fête…". Chouette, on préfère ça à une soirée dans un pub. On est sur place dès 19h, un concert d’un chanteur très célèbre ici, Mendoza, fait bouger la foule, il fait beau, ça promet ! On est environ 15 blancs dans un stade de 2000 personnes à la louche, le mélange c’est pas pour ce soir… On attire les regards, un type vient offrir sa chaise à Rachel, une fille vient nous dire "ce soir, c’est la fête, on est amis", un autre, Selby, nous propose de le rejoindre avec ses amis pour "faire une table de Blancs et de Noirs…". On accepte avec plaisir, on passe la soirée avec eux, très sympas ! Les gens ont l’air super contents de voir des Blancs ici et les sourires sont nombreux. Le match se déroule dans une très bonne ambiance, ils nous avouent ne pas trop s’intéresser au rugby et ne pas vraiment connaître les règles de ce sport mais être plutôt venus pour supporter leur pays. Les moindres coups de sifflets entraînent cris, danses  et applaudissements et à la 80ème minute c’est la fête, tout le monde saute partout, ils sont super fiers de leurs joueurs et un groupe zoulou assure le spectacle. Ouahhh !

Nos nouveaux amis nous invitent à partager un barbecue avec eux dans la pelouse (poulet, steak, agneau, porridge de mais et haricots…). On se régale (et on est bien content car il n’y a que des chips à vendre ici…). Dès minuit, le stade se vide, les gens n’ont pas l’habitude de veiller ici et on rentre enchantés d’être venus ici et d’avoir vécu cette finale depuis l’Afrique du Sud. Sur le chemin du retour, on croise toutes les voitures remplies de Blancs qui reviennent des pubs et vont chez eux, les Noirs dans un sens, les Blancs dans l’autre. C’est très étrange tellement ça saute aux yeux. Le mélange Noirs-Blancs n’était pas pour ce soir, en tout cas pas à Nelspruit…

 

28 octobre

 

Les 4 jours et les 4 nuits de camping au Kruger nous ont offert un véritable spectacle au milieu de la savane, sous le soleil : bagarre d’éléphants, ruades et cris de zèbres, disputes entre babouins et impalas, sieste de lion, repas de crocodiles, bain d’hippopotames, course de girafes, bronzette de léopard,… Extraordinaire, pas le temps de s’ennuyer malgré les 655km parcourus à un rythme d’escargot (20 km/h en moyenne). On serait bien resté un peu plus avec tout ce petit monde passionnant…

On enchaîne sur le Blyde River Canyon, le troisième plus grand du monde, superbe au début puis… plus rien, le brouillard est tellement épais qu’on n’y voit plus à 20m, c’est même plus la peine de s’arrêter aux points de vue aménagés au bord de la route. Dommage !

On a rejoint vendredi Johannesburg avec la pluie et les galères qui s’enchaînent : on découvre à 21h que nos billets d’avion pour partir demain aux chutes Victoria au Zimbabwe (achetés il y a 10 jours, pour une fois qu’on programme quelque chose …), vont en fait à Harare à 850 km de là et qu’il n’y a pas de moyen de transport sûrs pour les rejoindre vu la pénurie d’essence et l’insécurité dans le pays. On fait des pieds et des mains tard le soir et dès le samedi matin, de bureaux en bureaux, et enfin, on obtient l’annulation et le remboursement de nos vols (enfin, c’est ce qu’on a compris, on verra bien). On veut donc acheter un nouveau billet mais c’est complet jusqu’à lundi. On est sur liste d’attente pour dimanche, on croise les doigts ! En attendant, on veut retirer de l’argent pour le changer en dollars car les banques au Zimbabwe pratiquent des taux exorbitants (pour 1 dollar, la banque donne 30 000 zimbdollars alors qu’au marché noir c’est 800 000 !) et il est fortement déconseillé d’utiliser sa carte bleue là-bas. Il nous faut donc absolument des dollars mais nos 2 cartes bleues ne veulent rien savoir malgré nos innombrables essais. Ras-le-bol ! On se prend 2 lits dans un dortoir et là, on se fait piquer 100 dollars, ça commence à faire beaucoup en 1 jour, on bout…

Dimanche, le soleil est de retour, la banque accepte de nous faire une avance sur carte et miracle, il y a de la place dans l’avion (52 places et il date d’un autre siècle mais c’est pas grave).

Bref, ça y est, on est au Zimbabwe !!! Ouf !

 

 

 

Le Zimbabwe (situation, fiche payscarte)

 

1 novembre

 

Et ça aurait été dommage de louper ça ! Les chutes Victoria sont magiques, c’est trop beau et impressionnant. On a passé 3 jours extra avec plus de 30 °C et une petite croisière sur le Zambèze pour l’anniv de Franck. On aura bien fêté nos 29 ans, inoubliables !

La situation dans le pays est par contre dramatique, il n’y a plus d’essence, de denrées (pain, farine,…), de vêtements. Les étals des magasins sont quasiment vides mais le gouvernement ne veut pas qu’ils ferment. Il n’y a presque rien à acheter (à part l’artisanat pour touristes), le magasin Bata propose même de racheter les vieilles chaussures pour pouvoir vendre quelque chose ! Partout, les jeunes veulent nous troquer nos affaires contre des souvenirs. On le fait parfois et avant de partir on vide à moitié nos sacs pour donner dans la rue. C’est vraiment triste et irréel. On a du mal à trouver à manger dans le supermarché ou dans les rares petits restos qui servent ce qu’ils peuvent. On mange là où on dort mais c’est pareil, régime de pâtes, oeufs, oignons et porridge. Le cuistot n’a pas d’ingrédients pour varier. Seulement 3 jours et c’est déjà rengaine mais nous, on s’est envolé mercredi alors qu’eux restent là sans trop d’espoir dans l’avenir…

 

De retour hier à Johannesburg, on termine en beauté notre séjour ici par la comédie musicale du Roi Lion, in English bien sûr, une belle réussite, on a adoré, dans le complexe du Montecasino, reconstitution dans un hangar d’un village toscan avec restos, bars, ciné, casino, salle de jeux, …

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce soir, on prend l’avion du retour vers Paris via Dubai. Ça y est, c’est fini pour de bon, il faut rentrer. On retrouvera avec joie notre petit monde et notre belle région samedi.

 

A très vite et merci de nous avoir suivi et écrit pendant cette année, exceptionnelle et inoubliable pour nous. Vos messages nous ont vraiment fait plaisir  et nous ont encouragé à poursuivre le blog pour partager avec vous notre belle aventure…

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Le retour

22 juillet

Voilà, la boucle est bouclée…

Malgré un aéroport digne d’un labyrinthe et une hôtesse chiante qui ne veut plus nous enregistrer à cause de notre retard dû à un bagage perdu à Madrid, on embarque in extremis pour Irun en ce dimanche 8 juillet. On survole avec plaisir la côte basque d’Anglet à Hendaye, cadeau sympa du pilote, avant un 25ème et dernier atterrissage sans accroc. La nuit a été courte malgré les 11h de vol jusqu’à Madrid, l’excitation du retour était trop grande. On cherche des mines connues à travers le hublot, des mains s’agitent mais on ne reconnaît personne derrière les vitres de l’aéroport. La famille est bien sûr au rendez-vous pour nous accueillir et ils ne risquent pas de nous louper, on s’est habillé « couleur soleil » pour l’occasion. Ca y est, on les aperçoit enfin mais on est obligé d’attendre nos bagages de l’autre côté de la porte. Patience…

Enfin on retrouve notre petit monde et on termine la journée autour d’un bon confit de canard à Hendaye. Après 6 mois de vie plus que commune, la grande séparation, Franck retrouve Accous et sa vallée et Rachel Ogeu !

Le décalage horaire nous joue des tours les premières nuits, mais le plus dur est d’être confronté au quotidien si rythmé des gens et de se sentir si décalé, ça fait longtemps qu’on n’a pas côtoyé ce monde de "oufs". On se replonge rapidement dans la paperasse et les démarches administratives pour tout régulariser, peu de changements autour de nous et les petites habitudes reprennent (trop?) vite le dessus. Le voyage est un peu mis de côté et on a déjà l’impression d’être rentrés depuis longtemps. C’est un peu violent et il nous faut quelques jours pour se poser un peu et remettre de l’ordre dans nos têtes un peu perturbées. On retrouve petit à petit notre entourage à droite, à gauche, en appréciant d’être encore en vacances et d’avoir le temps d’en profiter, tranquilles. On continue aussi à suivre sur internet les périples de tous ceux qu’on a rencontré aux 4 coins du monde, et qui ne sont pas encore rentrés, ça prolonge un peu le nôtre.

Ne nous demandez pas ce qu’on a préféré, tout était génial, si beau et si différent et de toute façon inoubliable. Il est difficile de résumer 6 mois en quelques paroles et tout n’est pas très clair dans nos têtes non plus !

Le blog prend des vacances aussi, il les a bien méritées. 

A bientôt, peut-être en septembre…

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Galápagos

GALAPAGOS

Situation, carte

04 juillet

Nous voilà débarqués en ce beau dimanche ensoleillé sur Las Islas Encatadas ou Galápagos (du nom des célèbres tortues géantes qui les habitent. Des élevages et des réserves sont ici aménagés pour sauver les espèces endémiques en voie de disparition). On organise en quelques heures avec l’aide d’une agence de Puerto Ayora sur Santa Cruz notre séjour ici qu’on va partager entre des tours à la journée ou des visites tout seuls (comme des grands) sur les îles Santa Cruz, Isabella, Seymour et San Cristóbal et une mini croisière de 3 jours pour visiter les îles Rábida, Santiago et Bartolomé.

On a profité d’une balade à cheval sur Isabela (on s’est alors souvenu des courbatures de l’Ile de Pâques) pour monter au Volcan Sierra Negra dont la dernière éruption a eu lieu en octobre 2005, un immense cratère de 10 Km de diamètre rempli de lave noire, vraiment impressionnant, avant de se balader au milieu des cheminées sur le volcan Chico tout proche. On a aussi marché a Sullivan Bay sur un champ de lave (refroidie bien sur) où tous les  mouvements de celle-ci sont sculptés, un vrai paysage de fin du monde, dévasté, sans végétation, en dehors de quelques cactus par ci par là. Tout ça doit être vraiment extraordinaire en mouvement! On aura eu moins de chance à El Junco, la bruine n’a pas cessé de tomber et la brume nous a empêché de voir son cratère rempli d’eau douce. C’était une balade agréable quand même avec un chauffeur de taxi très sympa et très bavard qui nous a tout expliqué de la vie sur l’île.

Plus que les paysages complètement différents d’une île à l’autre, ce séjour nous aura marqué par la proximité avec des animaux « sauvages » : les iguanes qui se réchauffent au soleil et qu’on finirait presque par trouver mignons, les tortues vraiment géantes surprises au détour d’un chemin dans la foret, les superbes fous à pattes bleus incontrôlables au moment du repas et qui se jettent en armada, comme des flèches, sur les bancs de poissons, les frégates males qui gonflent leur gosier rouge pour draguer les demoiselles, les hérons sur leurs grandes pattes qui traînent sur le port, les tortues marines balancées par les vagues, la paruline, ce petit oiseau jaune qui nous a suivi dans toutes les îles et et et…la liste est trop longue, il faut venir voir.

Les plus grands moments d’émotion, on les a vécu sous l’eau (trop froide mais la récompense est grande) quand on a nagé chacun avec une immense tortue « rien que pour nous » pendant quelques minutes, moment incroyable. Mais aussi quand on a les yeux fixés sur les poissons tropicaux de toutes tailles et de toutes couleurs, sur les coraux, sur les étoiles de mer,…, et qu’une otarie vient nous interrompre pour nous regarder dans le blanc des yeux à travers le masque, aussi curieuse que nous. On a aussi croisé un iguane chacun sous l’eau mais c’est moins attachant comme bestiole !

La croisière avec 12 autres touristes restera aussi un bon souvenir. On a une petite chambre avec 2 lits superposés et une salle de bain, les repas sont très bons, l’ambiance super agréable et l’équipage sympa. On passe du temps sur le pont supérieur à observer les frégates et à scruter l’océan à la recherche du moindre signe de vie marine. On a la chance de croiser de superbes raies, dont une manta énorme tout près du bateau, certaines font des sauts acrobatiques à la surface, ça surprend !

Dernier cadeau des Galápagos, sur le trajet de San Cristobal, une colonie de plusieurs dizaines de dauphins nous fait la surprise de se montrer enfin (depuis le temps qu’on les attendait !). Ils jouent dans le sillage du bateau, ils sont de tous les côtés, magnifiques ! Inoubliable !

Pour clôturer le tout, on a passé 3 jours à Puerto Baquerizo Moreno sur San Cristobal, un petit port très tranquille en ce moment car l’aéroport est fermé et très peu de touristes font la traversée (mouvementée) en bateau jusqu’ici. Juste un petit conseil, si vous vous décidez à venir, et vous auriez raison, n’oubliez pas les cachets contre le mal de mer, efficaces et plus qu’utiles! On a profité jusqu’aux dernières minutes du spectacle des otaries (stars incontestées du farniente) qui se roulent dans tous les sens, s’étirent, bronzent, jouent dans les vagues et surtout font la sieste sur les plages désertes ou squattent les bateaux dans la baie.

Apres les éléphants au Laos et les wallabies en Australie, on a craqué sur les otaries ou lions de mer, joueurs, curieux, vifs sous l’eau, adorables et les immenses tortues, belles et tranquilles, venues d’un autre monde.

Les Galápagos ne ressemblent à rien d’autres, sont uniques et valent vraiment le déplacement, à condition bien sûr d’aimer les animaux. C’est aussi agréable de sentir qu’on est dans un parc national, encadré ou guidé pour ne pas les déranger (à part bien sûr quand une américaine décide de se faire prendre en photo assise sur une tortue, sans commentaire…) et qu’ils n’ont pas peur de nous, simples homos sapiens. Ici, ils sont chez eux et nous ne sommes que des visiteurs.

Bref, c’est tout simplement ENORME !

L’Equateur (suite)

De retour cette aprèm sur le continent, à Guayaquil, on enchaîne direct avec 4h de bus pour Puerto Lopez sur la côte. On retrouve tous les marchands ambulants qui montent et descendent à la chaîne du bus pour vendre tout et n’importe quoi (trousses de toilette, glaces, boissons, produits de phytothérapies,…), les gamins qui viennent y réciter une poésie ou un verset de la Bible pour récolter une pièce et les horribles films hyper violents, plein de monstres, de sang et de cris qui ont l’air d’avoir un grand succès auprès des chauffeurs. Finalement, les karaokés en Asie, ce n’était pas si mal !

Au large de Puerto Lopez, on espère faire dès demain une dernière rencontre extraordinaire : la baleine à bosses qui est normalement à cette saison sur la côte pacifique pour se reproduire….

5 Juillet

Trop cool ! On les a vues, elles étaient au rdv. Après une heure vers le large à les chercher, et un peu d’impatience, on s’approche enfin d’une première gerbe d’eau, suivie d’un dos monstrueux puis de 2 autres, elles sont trois, tout près du bateau à l’arrêt balancé dans tous les sens par le roulis. On les observe émerveillés pendant un bon quart d’heure, elles ne sont pas pressées d’aller ailleurs et nous non plus. Elles sortent de l’eau puis rerentrent en douceur, on a tout le temps de les voir approcher sous l’eau, souffler et montrer leur tête pleine de bosses suivie de leur dos interminable et parfois de leur queue géante. Un peu plus loin, rebelote mais ce coup-ci elles sont 4. Même spectacle, grandiose, avec en prime 2 passages sous notre bateau. Depuis le toit, on les voit alors en entier et on réalise vraiment la taille (16m de long) et le poids (40t) de ces géants de la mer. IMPRESSIONNANT ! On a vu des baleines de tout près, on n’en revient pas… On n’a pas eu droit au saut des mâles qui veulent impressionner les concurrents et amadouer les femelles mais on leur pardonne, elles nous ont comblés. Un souvenir de taille à ramener dimanche dans la valise déjà bien pleine.

 

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Equateur

Equateur

Situation, fiche pays, carte

18 juin

Le vol s’est bien passé, on est installé à Quito

22 juin

Premier objectif, préparer nos dernières 3 semaines et prendre une décision pour aller ou pas aux Galápagos. On passe nos 2 premiers jours à arpenter la capitale, d’agences de voyage en compagnies aériennes et en cybercafés. Finalement, c’est un bon moyen de découvrir la ville, plutôt agréable avec ses parcs, ses places et ses grandes bâtisses coloniales. Les agences nous découragent d’entrée avec leurs tarifs haute saison mais avec tous les commentaires qu’on a pu lire sur internet et en particulier l’enthousiasme d’Helene et Jacques, on ne veut pas passer à côté. On a trouvé un billet d’avion sur internet et c’est décidé, on part pour 10 jours, le reste on verra sur place…

On en a profité aussi pour prendre quelques nouvelles de la France pour se remettre dans le bain avant de rentrer. On a un peu peur après avoir vu le petit Nicolas faire son show sur le net, belle image de la France !

La tête libérée d’avoir enfin décidé quelque chose, on peut se consacrer à l’Equateur. On commence par l’incontournable Mitad del Mundo, très différent de ce qu’on attendait, l’endroit est aménagé comme un parc avec plusieurs pavillons, mais bien fait. Dans celui de la France, on apprendra que c’est une expédition française menée par La Condamine qui, en 1736, a effectué les relevés permettant de situer la ligne équinoxiale (petite séquence culturelle !). Au musée Solar Inti Ñan, on a droit à plein d’expériences physiques sur l’équateur (le lavabo qui se vide dans un sens ou dans l’autre suivant l’hémisphère, oeuf sur un clou, équilibre sur la ligne…), pas toujours crédibles mais on passe un bon moment avec une guide super intéressante (ça faisait longtemps !). Tout au long de la visite, on apprend quantité de choses sur le quotidien et les traditions des indigènes : construction et organisation de la maison, à la mort du chef sa famille est enterrée vivante avec lui après avoir pris un hallucinogène issu d’un cactus, tenues de fête avec masques moqueurs d’espagnols souffrants de coups de soleil, manipulation de la sarbacane, technique des réducteurs de tête,… le reste on vous le racontera quand vous nous inviterez à l’apéro… On a retrouve avec émotion dans une des maisons le frère du cuy (cochon d’inde, prononcez "couille") dévoré sans pitié à Lima. Plat typique mais aussi animal sacré et présent en liberté dans chaque maison.

On est pour 3 jours à Otavalo, un peu plus au Nord. On retrouve l’hémisphère Nord qu’on n’avait pas revu depuis Bangkok. Ici aussi, on est surpris par le peu de touristes, c’est cool. Le temps est moins clément avec nous, quelques petites averses mais vu votre printemps, on ne va pas se plaindre. On a fait une bonne balade sur un chemin de pierres en pleine campagne pour aller voir le Parque Condor, qui accueille des rapaces blessés ou sauvés de trafics, avec présence d’un couple de condors (emblème du pays) et démonstration de dressage d’aigles.

On pensait participer à la fête de l’Inty Raymi (fête indigène pour l’équinoxe d’été et la moisson) mais c’est pour le moment bien calme. On va voir ce soir…

Demain c’est le grand marché d’Otavalo mais en fait ici c’est marché tous les jours. Dommage nos sacs sont déjà trop lourds pour l’avion (pareil les douaniers ne nous laisseront pas rentrer…).

23 juin

Le marché a tenu toutes ses promesses : vente de bétail, foule de locaux en tenue traditionnelle, dégustations de poisson, empanadas, épis de mais, tripes, porc et poulet, vendeurs souriants derrière leurs étals débordants de bijoux, vêtements et tissus, hamacs, instruments de musique, fruits et légumes, … Belle palette de couleurs sous le soleil de retour aujourd’hui, dépaysement et authenticité assurés.
On repart cet aprèm sur Quito en bus et demain on s’envole pour l’île Santa Cruz aux Galápagos.

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Perou

Le Pérou

Situation, fiche pays, carte

03 juin : BONNE FETE A TOUTES LES MAMANS !

On arrive, toujours en altitude, dans le petit port de Puno à 3830m, après 3h de bus sur le bord du lac Titicaca. On a droit en quelques heures à une manif d’enfants pour la non privatisation des écoles, une autre pour la Sensibilisation aux risques naturels avec défilé de fanfares et démonstration d’intervention de sauveteurs, la visite des Islas Flotantes de Los Uros et le concert des Kjarkas. De qui ??? Les Kjarkas, un des groupes les plus populaires d’Amérique du Sud, une foule de fans déchaînés dans un gymnase, 2000 et quelques âmes qui chantent a tue-tête et dansent dans les gradins, ça donne la pêche. Un super bon moment! Mais le top de cette journée sera sans aucun doute la découverte des Iles Flottantes. Vraiment impressionnant et tout simplement beau. Des maisons et des îles faites entièrement de blocs de roseaux « totora » empilés et tenus ensemble par des amarres au fond du lac. Même les embarcations sont faites de 1500 bouteilles en plastiques (pas mal le recyclage !) entourés de ces roseaux et on peut aussi les manger… 

Après ce passage court mais bien rempli à Puno, on repart pour 7h de transport grand luxe au premier rang d’un bus à étage avec vue panoramique. Le top sauf que le soleil tape très fort et qu’au bout de quelques heures on est dans un vrai sauna et le monsieur derrière, qui a froid ( !!! ) ne veut pas qu’on ouvre la fenêtre. Ce n’est pas grave, c’est bon pour la ligne il parait !

La vieille ville de Cuzco (3326m) est très agréable avec ses ruelles pavées bordées de remparts incas, ses défilés militaires et folkloriques du dimanche, ses restos (repas Alpaga, le frère du lama, on n’a pas encore testé le cochon d’inde) et ses marchés d’artisanat, de fruits et de viande fraîche (têtes de brebis, museaux de vaches, très appétissant tout ça). On en a bien profité pour s’y balader pendant 2 jours, sous le soleil (promis, on vous le rend en juillet !), se reposer et prendre des forces (petit dej du dimanche matin sur la place de l’église avec un cochon de lait…) avant de partir lundi matin pour un trek de 5 jours jusqu’au Machu Picchu par le Salcantay avec nos compagnons de route anglais. Ca s’annonce dur mais on est motivés !

Premier contact avec le Pérou plus que satisfaisant. Gens accueillants, agréables, souriants et plats plus faciles à digérer qu’en Bolivie (ceci n’est pas un détail négligeable…vivement un bon confit de canard et de l’andouille de chez Loge !).

12 juin

Aujourd’hui, c’est repos après une semaine plus que remplie !

On est rentrés super contents mais super fatigués de notre rando. En 5 jours, 30h de marche dont 15 les 2 premiers jours, les plus rudes.

On est parti de Mollepata à 12 dont 10 anglophones bien sûr, c’est pas gagné pour les progrès en espagnol mais l’ambiance est bonne. On est accompagné par un guide Simon, pas très sérieux et saoulant après 5 jours, 2 horsemen qui trimballent avec leurs mules et chevaux nos tentes, matelas, sacs de couchage, une partie de nos affaires (pas de sac pour Rachel pendant 3 jours ça aide !) et même un des anglais malade le 4e jour. Et enfin 2 cuisiniers avec tout le matériel de cuisine (bouteille de gaz, plats, vaisselle,…), on a de la soupe a tous les repas, des frites, escalopes panées, pop-corn encore chauds,… étonnant pour nous en montagne mais appréciable après une grosse journée de marche. Ils nous apportent tous les matins à 6h un mate de coca chaud pour nous donner du courage pour nous sortir du duvet. On a dormi la première nuit tout habillés et on mange sous la tente avec gants et beaux bonnets péruviens.

Le deuxième jour, on part avec la gelée jusqu’au col du Salcantay à 4600m. Une partie de la montée est super raide, en lacets, on est tout essoufflés alors qu’un local monte droit avec le sourire ! On est entouré de pics enneigés et de glaciers. On voit une avalanche sur le Salcantay (6271m), dont l’ascension est aujourd’hui interdite, trop dangereuse. Chanceux, un condor nous survole.

Le troisième jour, on redescend dans la vallée à travers la jungle, au bord de la rivière, les jambes commencent à être bien lourdes et les premières ampoules sont là. Encore 1h30 à l’arrière d’un truck, sur une piste défoncée, par endroit éboulée, debout sur des rondins de bois et en baissant la tête à chaque branche de bananiers, d’eucalyptus ou de caféiers. Plutôt rigolo pour nous mais c’est le quotidien des gens ici. Plusieurs sont avec nous à l’arrière, dont une dame avec un bébé de 2 mois dans les bras. Il a l’air habitué vu comment il dort, pas besoin de berceuse, câlin ou doudou. C’est tellement commun que notre guide, bien à l’abri de la poussière à l’avant, ne trouve pas nécessaire de lui laisser sa place… Il y a aussi un type suspendu dans le vide sur le côté du camion qui discute avec les autres. Après 3 jours sans douche, on apprécie la soirée détente sous le ciel étoilé dans un bassin aménagé autour d’une source d’eau chaude à 40°C à Santa Teresa.

Le quatrième jour, on démarre par la traversée de la rivière Urubamba dans un panier suspendu à un câble. Les enfants qui vont à l’école le prennent aussi en sens inverse. Chouette moment. Un efferalgan nous aidera à faire les 11 derniers km sur les rails, concentrés sur nos pieds, pour arriver à Aguas Calientes, à 8km au pied du Machu Picchu.

Le cinquième jour, après 1h d’escaliers interminables sur le petit déj de 4h du mat (que Rachel a failli vomir avec l’effort), on découvre enfin le Machu Picchu, ses constructions et ses terrasses. Encore une journée sans nuage, que du bonheur ! La magie du site nous fait tout oublier et nous donne (presque) des ailes. Apres une visite guidée et malgré les courbatures, on se décide a monter au Huayna Picchu (2634m) par de raides escaliers dans la falaise : un site incroyable aussi, la plus belle vue, magnifique mais vraiment impressionnante, vertigineuse. On puise une dernière fois dans nos ressources pour monter encore jusqu’a la porte du soleil (2720m), autre point de vue superbe de l’autre cote du Machu Picchu, qui récompense bien nos efforts.

C’est incroyable ce que les Incas ont construit a ces altitudes et en bordure de précipices a couper le souffle. C’est beau !

Vraiment à plat, on se laisse porter par le train et le bus jusqu’à Cuzco et on partage tous ensemble un dernier souper indien suivi de pisco sour et de guiness, comme quoi, on est pas si fatigués que ça…

On enchaîne dimanche par une sortie rafting. Dommage, peu de rapides, peu d’eau, pas très excitant. Un peu décevant mais jolie balade ensoleillée dans un canyon.

Le lendemain, après 14h de bus de nuit, on prend un petit avion 5 places pour découvrir les fameuses lignes de Nazca. Le pilote virevolte dans tous les sens pour bien nous les montrer, si bien qu’au bout de 5 minutes, on est tout pâle… il nous fait sniffer un peu de potion magique mais ça ne change pas grand chose, on est content d’atterrir après 35 minutes de vol. On a quand même vu 12 figures célèbres (singe, araignée, arbre,…) mais aussi d’autres innombrables lignes sur cet immense plateau désertique. C’est super difficile de se rendre compte des dimensions des figures vues du ciel, le Condor mesure par exemple 130m d’envergure.

Aujourd’hui, on est à Pisco, sur la cote pacifique. Un peu de repos avant de sortir en bateau jusqu’aux îles Ballestas et visiter la péninsule de Paracas demain. Des jeudi soir, on sera à Lima en attendant dimanche notre avion pour Quito en Equateur, dernière destination…

17 juin

BONNE FETE AUX PAPAS !

Apres s’être remis de nos émotions aériennes, on a teste notre résistance à la vie maritime… Apres 3h30 d’attente sur le quai de Paracas, sans explications bien sûr sinon c’est pas drôle on a enfin navigué vers les Iles Ballestas. En fait les autorités ne laissaient pas partir les bateaux à cause de la brume, la garua, qui s’installe durablement sur la côte à cette saison. C’est extraordinaire en une petite heure de pouvoir observer une faune aussi variée : manchots, otaries, vautours, pélicans, sternes, et des milliers d’autres oiseaux qu’on n’a pas pu identifier, le guide ayant oublié de monter dans le bateau !!! Une fois de plus ici, la nature est généreuse mais les excursions proposées ne sont pas à la hauteur, trop peu d’explications, on n’a pas appris grand-chose. Les agences ne sont pas très professionnelles, c’est dommage.

Le désert, les dunes, les tons ocres de la réserve nationale de Paracas nous ont dépaysés après plusieurs semaines de montagne.

On est depuis jeudi à Lima, grande ville de 9 millions d’habitants (1/3 des péruviens !), vivants au rythme des klaxons. On y a retouvé avec grand plaisir Marion et Fabien, 2 lyonnais avec qui on a passé la semaine à l’Ile de Paques (futurs éleveurs de chevaux ???). Pour fêter nos retrouvailles, on s’est offert un bon resto : pisco sour et cuy braise (cochon d’inde).

A 12h40, on s’envole pour Quito. ¡ Hasta luego Peru !

Plus que 3 semaines, on compte bien en profiter à fond…

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Bolivie

Bolivie

Situation, fiche pays, carte

26 mai

Apres une excellente semaine à San Pedro de Atacama, on est 12 à partir le matin du 11 mai à bord de deux 4X4 direction la frontière bolivienne, pour 780 km jusqu’à Uyuni au sud de la Bolivie. On pensait être rassasiés en beaux paysages mais encore une fois de nouvelles découvertes nous surprennent : lagunes aux eaux bleues, vertes, rouges et blanches peuplées de flamants roses, désert de cendres volcaniques, de roches et de terre rouge, montagnes jaunes de soufre et le plus surnaturel de tous : le Salar d’Uyuni à 3653m d’altitude. Etendue blanche à perte de vue (190X150km) tel un immense lac gelé mis en valeur par un magnifique ciel bleu… On y roule sans jamais se rapprocher des montagnes qui nous entourent. C’est trop beau, on a du mal à réaliser, ça semble irréel. Difficile à raconter, on espère que les photos parlent d’elles mêmes. Le froid est glacial à ces altitudes dès que le soleil disparaît, 6 degrés à 4278m la première nuit dans le dortoir et on empile les épaisseurs pour se réchauffer. Le matin l’eau des toilettes est même gelée, sympa au réveil ! Et pourtant tout le monde est content d’être là, un peu dans un rêve. La deuxième nuit on a dormi dans un hôtel de sel (construction et mobilier) au bord du salar, on a donc profité du coucher et du lever de soleil sur place.

Cerise sur le gâteau, 1 groupe cosmopolite (4 français, 2 suisses, 3 espagnoles, 1 israélien et 2 anglais) qui se découvre jour après jour, franche rigolade lors des séances photos, et les premiers liens qui se tissent, si bien qu’arrivés à Uyuni, personne n’a envie de se séparer et nous voilà donc partis à 12 en bus vers Potosi. En mélangeant l’anglais et l’espagnol dans les mêmes phrases ( !!! ) et en mettant de côté la conjugaison oubliée, on arrive à communiquer. On est en plus tous aidés par Romy et Marie qui passent d’une langue à l’autre sans difficulté.

On découvre Potosi, à 4090m, de nuit, dominée par le Cerro Rico eclairé qui renferme les mines coopératives d’argent. La ville est sympa avec ses petites ruelles autour de la place principale, ses marchés et on découvre les premières longues tresses brunes coiffées d’un petit chapeau melon. Dans l’hôtel, non chauffé, la froideur de la nuit est compensée par 5 couvertures super lourdes, on a presque du mal à se tourner dans le lit ! Apres 15 jours dans les nuages, dur dur de digérer la visite de la mine et d’être confrontés au quotidien des mineurs. On y est entrés en s’inquiétant plutôt pour notre sécurité, la poussière et la chaleur. On en ressort les mines pâles, tout retournés par ce qu’on a vécu, on a marché 1.5km, 2h30, dans des galeries étroites, à la frontale, le long des rails empruntés par les wagonnets, dans le bruit, la poussière et la boue parfois. Grosse séance émotion lors du dynamitage à quelques mètres de nous, un mineur tombe dans le trou alors qu’il vient d’allumer la mèche, il s’est ouvert la pommette, notre guide et un touriste l’aide à remonter. Suivent 9 secousses dans la pénombre, pendant lesquelles on a tout le temps de se demander ce qu’on fait là… Et pourtant, cette mine est la plus sûre de Bolivie. On est tous vraiment soulagés à la sortie de ce gruyère mais pas mal remués aussi, on a visité une mine pendant son activité, en s’adaptant au travail et au passage des mineurs dans une ambiance plutôt tendue et très concentrée. Les mineurs, ne sont pas contre la visite des touristes et leurs visages s’éclairent lorsque notre guide leur distribue des sacs de coca, des boissons ou de la dynamite qu’on a acheté pour eux avant d’arriver. L’age légal pour travailler là est de 15 ans (en fait 12 ici), il y avait environ 12000 mineurs au travail pendant notre visite, et un homme qui travaille à l’intérieur de la mine a une espérance de vie d’environ 15 ans. Alors pourquoi ? La tradition et le salaire intéressant, le nombre de mineurs est en augmentation depuis quelques années car le cours de l’argent a augmente. Intéressant à vivre, une fois.

On quitte Potosi à 11, en bus pour Sucre, on redescend à 2790m. Un taxi modifié (volant et pédales à gauche mais tableau de bord d’origine toujours à droite), nous dépose dans un joli hôtel avec de grands patios, au centre ville. On a besoin de se poser un peu, le rythme a été soutenu et les journées riches en émotions ces derniers temps. Dommage pour la visite bidon du dino parc, soit disant scientifique. Des traces de dinosaures ont été trouvées dans une carrière de béton et les silhouettes des dinos reconstituées. Découverte extraordinaire sauf que la visite est un peu expédiée, les explications légères, les traces observables seulement à la jumelle et on a du mal à prendre tout ça au sérieux. Peut être que c’est vrai mais on est sceptiques.

On revoit notre programme car on est un peu a la bourre et on décide de partir dès le lendemain pour La Paz avec les 2 suisses et les 2 anglais. Une dernière soirée à 11 et c’est parti pour 12h de bus de nuit. C’était sans compter sur la panne ! Le bus est bloqué presque 2h, on se gèle sans le moteur qui tourne. On se retrouve à 6h du mat à faire du stop. Un autre bus nous prend, ça gèle dans le bus, on fait même des nuages quand on souffle. Enfin, on arrive quand même à La Paz (3660m), depuis les hauteurs de cette immense ville au fond et sur les versants du canyon. Impressionnant ! Ca grouille, embouteillage, klaxons, marchands ambulants partout, … Un peu agressif après une telle nuit.

On décide de louer une jeep les 6 pour aller jusqu’à Rurrenabaque dans le bassin amazonien, on ne veut pas y aller en avion. On préfère la route pour traverser quelques villages isolés et voir les boliviens mais on est content d’avoir trouvé une alternative au bus, on ne sent pas les 16h à 18h de bus annoncées, la mauvaise réputation de la route n’est plus à faire. On mettra quand même 13h en jeep pour faire 430km de route de montagne plutôt étroite, brouillard, pluie, boue, bus et camions embourbés qui bloquent la circulation et moyens de fortunes pour les sortir (pelles et cailloux). Ca secoue bien mais Himbelt, le chauffeur de la Toyota, alias Sebastien Loeb, assure et on double tout le monde. On ne va pas se plaindre, le bus parti hier a mis 22h30 pour arriver et les gens ne veulent plus repartir avec ! On a réservé pour 3 jours dans la pampa, à 3h de jeep et 3h de pirogue, tout excités à l’idée de découvrir un nouveau milieu. Bilan plutôt sympa, ambiance colo de vacances pour grands ados : soirée foot, bières autour du feu, douche froide, dortoirs sales, pêche aux piranhas, recherche de l‘anaconda avec de l’eau marécageuse jusqu’aux cuisses, que par chance on trouvera pas, baignade dans une eau bien marron avec (enfin pas très loin) des dauphins roses, observation des alligators, caïmans, tarentules, singes, pélicans, aigles, … et moustiques bien sûr. Dépaysement assuré par contre c’est pas très authentique, aucun village, aucun contact avec la population locale, il manque quelque chose et trop peu d’explications. Un peu trop touristique.

On termine le séjour à La Paz avec la descente en VTT de « la route la plus périlleuse du monde ». Rachel, qui adore le vélo et les précipices, préfère soutenir le chauffeur du 4X4 qui suit le groupe de 5 et leur guide Matt ! Bon choix. Dès 10h, briefing en anglais et c’est parti pour 64 km de descente et 3600 m de dénivelé, 4h dont 3 avec le brouillard ou la bruine. La moitie du parcours se fait sur la route goudronnée. Surprise, la « descente » comprend aussi des montées (et oui !) et avec l’altitude, c’est un calvaire. Puis enfin, LA route (3,20m max de large, précipices vertigineux, boue, que du bonheur…). Heureusement, depuis 1 an il y a une déviation, on ne croisera donc aucun véhicule en sens inverse et il n‘ y a que des agences avec leurs vttistes, les locaux ont compris que c’était plus prudent de l’autre cote. Les touristes sont nombreux malgré les risques sérieux, tous des malades pour Rachel ! Bref, tout le monde arrive entier et très fier de cet exploit à Coroico pour un repas réparateur au milieu des singes et des perroquets. Les quelques montées et la concentration pendant ces 4h ont épuisé tout le monde mais quel plaisir et quelles sensations !

De retour dans la capitale, on fait un petit passage par le musée de la coca, feuille sacrée, emblème du pays, mode de vie, culture, tradition, usage alimentaire et pharmaceutique et transformation en cocaïne bien sur. La coca est partout ici, sous toutes ses formes, les locaux la mastiquent et les touristes la boivent sous forme de thé pour pallier au mal de l’altitude.

Demain dimanche, on bouge pour le lac Titicaca et Copacabana, à 3800m, où on va passer quelques jours pour finir notre séjour bolivien.

30 mai

Enfin on découvre la Bolivie rurale et des gens souriants après le bazar de La Paz et un ras-le-bol de la nonchalance des commerçants en particulier, que ça fait du bien !

Copacabana (3800m) est une petite ville au bord du lac Titicaca (230 x 97 km) super agréable et on a profité d’avoir une fois de plus le soleil pour rejoindre l’Isla del Sol après 17 km de marche avec nos amis anglais Nicci et Ricky au milieu de la campagne, des cochons, des ânes et des lamas bien sur. Emballés par cette île, on a décidé d’y rester 2 nuits pour profiter de ce cadre de vie, faire des randos à 4000m entre les ruines incas, prendre le temps de voir les habitants, dans leurs tenues traditionnelles vivre comme il y a longtemps chez nous : aller chercher l’eau à la source avec les ânes, travail de la terre manuel, pêche au filet sur des petites barques à la rame, les bergers ou bergères tiennent les cochons et les brebis en laisse et les truies se prélassent sur la plage avec leurs petits. Les gosses viennent nous voir et les gens discutent facilement, pas seulement pour nous vendre quelque chose. Et en plus ici on mange de bonnes truites fraîches à la plancha. On quitte ce petit coin de bonheur en navigant 2h sur le lac Titicaca pour rejoindre Copacabana.

Demain on quitte la Bolivie pour Puno au Pérou, toujours en bordure du lac.

 
 
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Chili : San Pedro de Atacama

 Chili: San Pedro de Atacama

Situation, fiche pays, carte

11 mai

Après 25h de bus passées comme une lettre à la poste (bus grand confort, dodo pendant 12h, mais menu enfant…), on est arrivé à San Pedro de Atacama au nord du Chili à 2400m d’altitude en ayant eu l’impression de n’avoir fait que de la plaine (désertique) et de n’avoir roulé qu’en ligne droite.

On trouve ce qu’on espérait, un petit village perdu dans le désert, de maisons de pierre, de toits de paille et d’argile ou de tôles, des ruelles en terre battue. Seule différence avec un décor digne de Zorro, les pick-up et les agences de voyage tous les 10m ! Ambiance tranquille.

On a passé 4 jours à visiter les alentours, de découvertes en découvertes, variées mais aussi exceptionnelles les unes que les autres:

     - visite des grottes et montagnes de sel de la vallée de la Luna et coucher de soleil depuis le haut d’une dune (où on a eu la surprise de retrouver le couple qui fait le tour du monde en 1 an avec ses 4 enfants !),

 - petit dej dans le champ des geysers del Tatio (à 4300m et -7°C), suivi d’un bain dans l’eau chaude par -2°C,

    - une soirée dans les étoiles avec Alain Maury, un astronome français installé dans le salar qui fait découvrir et partager sa passion, on a pu voir Saturne et ses anneaux, Pluton, la lune, des galaxies, des nébuleuses, comme dans les livres, trop chouette,

     - la lagune Chaxa dans le salar de Atacama peuplée de flamants roses et les lagunes Miñiques et Mescanti des hauts plateaux (4300m) aux couleurs surnaturelles,

    - la visite de petits villages typiques et perdus comme Caspana et ses cultures en terrasse ou la vallée de Lasana…  

Le tout avec un ciel bleu en permanence, douceur la journée mais fraîcheur la nuit et vent glacial sur les hauteurs, on est content d’avoir investi dans le kit de survie en alpaga : chaussettes, gants, bonnet, indispensable  ici !

Pour clôturer en beauté notre séjour chilien, on est monté ce matin au Cerro Toco (5640m), pas vraiment en marchant mais plutôt en mettant un pied devant l’autre, le souffle court et le nez congelé (-10°C au sommet). Quel bonheur en haut, vue magnifique, on n’est pas peu fier ! Ascension courte (1h30) mais bonne expérience pour une première à une telle altitude, avec un guide colombien et Daniel, un randonneur confirmé de Chamonix qui nous  a fait partager ses connaissances du milieu. On récupèrera ensemble autour d’une bonne table. Fin de cette journée épuisante pour notre organisme (on était vraiment à plat l’après-midi), mais très excitante, par une soirée au coin du feu accompagnée de musique traditionnelle avec pebre, pisco sour et lomo a lo pobre (entrecote-œuf-frites).

On est tout simplement enchanté de cette dernière semaine ! Difficile à décrire…

12 mai

On part ce matin pour 3 jours en 4×4 vers Uyuni en Bolivie. A suivre prochainement.

 
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